Jardins Secrets, le blog

Une évasion bucolique et originale sur 7000m2. Ouvert 7j/7 du 9 avril au 8 octobre 2017



Le blog de Nicole

Le héron, la grenouille, la cétoine et la rose





Le héron, la grenouille, la cétoine et la rose
Il y a des livres que j’amène en ballade pour les déguster au soleil, comme des friandises.
Je glisse dans mon sac à dos recueil de fables, poèmes, réflexions, récits brefs, mais longs en bouche, comme du bon vin.
Pas de règles, pas d’instructions techniques, pas d’intrigue, juste de l’émotion et de la sagesse. C’est mon florilège intime et j’y pénètre comme dans un jardin pour y divaguer à mon aise.
J’aime lire et relire les écrivains dont les ouvrages peuvent s’ouvrir au soleil et se fondre dans le grand paysage.
Pour me tenir compagnie à la campagne, j’apprécie encore et toujours Jean de la Fontaine. Il y a tout en lui. Il nous apprend à vivre et à mourir. C’est truculent, édifiant, poétique et tonique. Hélas, ces petites merveilles sont de plus en plus reléguées au rang des accessoires démodés et les écoliers d’aujourd’hui ne trouveront plus l’écho de ces leçons de vie dans leur mémoire d’adultes.
A part mes « grands classiques », j’aime aussi découvrir les auteurs contemporains. Ainsi j’ai apprécié Jean Pierre Otte dans La vie amoureuse des fleurs dont on fait les parfums, chez Julliard.
Tout au long d’un promenade littéraire et sensuelle, Jean Pierre Otte, en érudit poète, débusque, émerveillé, les secrets d’alcôve de la rose, de la violette, du muguet, du réséda, de la giroflée ou du lilas. Avec subtilité il associe l’érotisme à l’entomologie et la botanique : froufrou de fleur, tutu sucré, salon de velours, chambre de soie, il est le papillon qui pénètre avec délicatesse dans le jardin secret des fleurs qu’il associe volontiers à celui des femmes.
Mais pour être coquin, Jean-Pierre Otte n’en est pas moins philosophe. Il éprouve « un sentiment inexplicable de mélancolie devant la beauté du monde, presqu’une douleur intime et parasite. » « Ne sommes-nous pas », dit-il, « en exil de nos propres existences » ? « Empesés d’idées reçus, enfermés dans des concepts, évoluant aujourd’hui dans des espaces virtuels, nous ne sommes plus au monde mais dans des mondes de substitution où nous sommes, de surcroît, substitués à nous-mêmes… »
A lire, sous un seringa, pour retrouver sa source oubliée.

Nicole Moumen


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