Le blog de Nicole

Pauvre Muse !





Pauvre Muse !
Pourquoi la poésie n'est elle plus invitée dans nos jardins qui sont pourtant les creusets d'où naissent la beauté et l'harmonie ? S'est elle faite happer par notre vie trépidante et prosaïque jusqu'à se trouver reléguée au rayon des choses gênantes et surannées ?

La Muse se trouve chassée des petits paradis que sont nos jardins. Peu à peu, elle rend l'âme sous les coups répétés de notre vilaine société de consommation qui propose aux jardiniers pressés et pragmatiques, du plastique, du béton, de l'artificiel et des fleurs criardes et trop engraissées. La poésie n'aime pas le quadrillage ni les bornes de la rationalité. Elle est l'élixir de la vie, une notion fragile, inconstante, inconsistante, proche de la rêverie, qui, comme le bonheur, ne se laisse ni cerner ni définir. Pour que la poésie s'installe dans nos jardins et pourquoi pas dans notre vie, il faut retrouver le naturel, la simplicité, la subtilité, le regard. Je préfère le vent qui joue dans les coquelicots en soulevant leurs jupes rouges, les touffes de camomille ou de myosotis éparpillées au hasard de leurs graines, à la plus belle des orchidées.

J'aime lorsque certains visiteurs évoquent avec moi la poésie des Jardins Secrets, celle qui s'exprime modestement à travers les choses les moins spectaculaires. Victor Hugo, dans « Choses vues » se livre à une digression rêveuse autour d'une humble pâquerette oubliée dans les gravats, « un ravissant soleil jaune aux rayons blancs ». « Il y avait là, la plus jolie petite pâquerette du monde autour de laquelle allait et venait coquettement une charmante mouche microscopique ». Et de conclure en poète visionnaire : « Pour qui sait les voir, les plus petites choses sont souvent les plus grandes. »

Si vous n'osez pas aborder la poésie, laissez vous guider par Jules Renard. Il vous apprendra que « les papillons sont des petits châles pour les fleurs, que les araignées dressent leur tente pour la nuit et que l'une d'elles s'est pendue pour avoir défloré une fleur »...Et si vous tendez l'oreille, vous entendrez une étrange conversation entre la rose et le frelon: La rose : « Me trouves tu belle ? »
Le frelon : « Il faudrait voir les dessous... »






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