Jardins Secrets, le blog

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Le blog de Nicole

Un auteur : Chateaubriand, un jardin : la vallée aux loups



Mon goût du jardinage, de la lecture et de l'écriture me porte à lire les écrivains jardiniers. Ils ont envers leur jardin la même tendre sollicitude que je manifeste envers le mien.



Un auteur : Chateaubriand, un jardin : la vallée aux loups
Aristocratiques ou campagnards, lieux de fête ou de recueillement, peuplés de topiaires ou de fleurs sauvageonnes, ces jardins de romanciers ou de poètes ont marqué leur œuvre et se fondent dans le "jardin secret" qu'ils portent en eux et dans lequel se passe leur vraie vie.

Certains ont pris le chemin qui mène des lettres au jardin, d'autres ont fait le contraire et, partis d'un jardin, sont arrivés aux lettres, mais tous ont soigné leurs mots, comme ils ont soigné leurs fleurs, leurs charmilles ou leurs arbres avec la même jubilation mêlée de crainte et d'espoir.

Chateaubriand, âgé alors de 39 ans, va vivre dans sa propriété "la vallée aux loups" sur la commune de Châtenay Malabry dix années de bonheur tranquille pendant lesquelles il s'adonne à sa passion pour la botanique, apparue lors de ses voyages.
Parlant de ses arbres : " Je les ai choisis autant que je l'ai pu des divers climats où j'ai erré ; ils me rappellent mes voyages et nourrissent au fond de mon cœur, d'autres illusions." Plus loin : "Je suis attaché à mes arbres ; je leur ai adressé des élégies, des sonnets, des odes. Il n'y a pas un seul d'entre eux que je n'aie soigné de mes propres mains, que je n'aie délivré du ver attaché à sa racine, de la chenille collée à sa feuille ; je les connais tous par leurs noms comme mes enfants ; c'est ma famille, je n'en ai pas d'autre, j'espère mourir auprès d'elle."

Criblé de dettes, Chateaubriand va connaître la douleur de se séparer de sa chère vallée et des ses "enfants" tant aimés. "Je ne verrai plus le pin de Jérusalem et le cèdre du Liban... le laurier de Grenade, le platane de la Grèce, le chêne de l'Armorique au pied desquels je peignis Blanca, chantai Cymodocée, inventai Velléda. Ces arbres naquirent et crûrent avec mes rêveries. Ils vont passer sous un autre empire : leur nouveau maître les aimera-t-il comme je les aimais ? Il les laissera dépérir, il les abattra peut être..."

Ces confidences reflètent parfaitement le lien fusionnel qui peut unir l'écrivain à son jardin. Mais le plus étonnant est un discours prononcé à la chambre de Paris en 1817 dans lequel Chateaubriand, dépassant son intérêt privé, livre cette réflexion d'écologiste : "Partout où les arbres ont disparu, l'homme a été puni de son imprévoyance".

Heureusement, le parc romantique de Chateaubriand a été sauvegardé. Il est à présent entretenu par le Conseil Général de la Seine. Les arbres plantés par l'écrivain botaniste sont devenus des patriarches et veillent aujourd'hui sur la chère "petite vallée solitaire", la protégeant de toute nuisance.

Juillet est le mois de la lecture et des balades vertes. La prochaine fois, nous irons à Nohant, à la rencontre de Georges Sand, botaniste passionnée elle aussi.


Les extraits de texte sont tirés du livre de José Cabanis et Georges Herscher "Jardins d'écrivains", publié chez Actes sud

Nicole Moumen


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