Le blog de Nicole

Vive le vert !





Vive le vert !
L'hiver fantasque s'éloigne après quelques soubresauts. Sur le terrain de drôles de lutins s'activent à panser les plaies d'un jardin endolori et se hâtent de lui rendre son sourire. Quelques pousses hardies ont déjà percé la terre et ce spectacle provoque en moi une joyeuse effervescence... Pourtant, chaque printemps fait peser sur mes épaules une nouvelle année alors qu'il rajeunit la nature en la renouvelant. Ce constat n'est pas original et ne fait qu'ajouter une doléance à celles, nombreuses, de l'illustre Ronsard.

Rochers, bien que vous soyez âgés
De trois mille ans, vous ne changez
Jamais ni d'état ni de forme ;
Mais toujours ma jeunesse fuit,
Et la vieillesse qui me suit,
De jeune en vieillard me transforme

Bois, bien que vous perdiez tous les ans
En hiver vos cheveux plaisants
L'an d'après qui se renouvelle,
Renouvelle aussi votre chef ;
Mais le mien ne peut derechef
R'avoir sa perruque nouvelle.

Soit ! Me susurre une sage petite voix. Prends en ton parti et accepte cette loi inéluctable avec bonhommie puisque ta perruque ne donne aucun signe de renouvellement bien au contraire ! Avec cette nouvelle philosophie teintée d'un peu d'amertume, je décide d'oublier mon narcissisme de pacotille pour faire une beauté à mon jardin qui, contrairement à moi, bénéficie de toutes les grâces de ses 18 ans.

N'est-il pas semblable à une belle endormie qui n'attendrait qu'un baiser du printemps pour se révéler ? Je me dois d'être une bonne fée pour donner un coup de pouce (vert) bien entendu, à cette métamorphose... Quant à Alain, il est parfait dans le rôle du lutin facétieux toujours prolixe en improvisations et fantaisies. Il n'a pas son pareil pour utiliser au mieux galons, festons, dentelles, pampilles, torsades et résilles... A lui la passementerie, à moi les couleurs de l'étoffe ! Tout en conservant les tons de terre cuite, d'ocre et de blanc qui constituent la trame du tissu, j'ai dérobé un peu de bleu au jardin de Majorelle à Marrakech pour le ramener dans le mien. Je prendrais bien aussi son jaune citron, si lumineux, si j'osais...

"Je me suis octroyé le droit de tout oser" proclamait énergiquement Gauguin. Au diable les conventions, les carcans, les ordonnances ! Le jardin est un des rares espaces de liberté et le jardinage un extraordinaire moyen d'expression.

Après tout le gris de l'hiver, vive le jaune, vive le bleu, vive le vert !
Pour le reste, je laisse au Printemps le soin de souffler ses fleurs. C'est un grand artiste qui ne se trompe jamais.



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