Jardins Secrets, le blog

Une évasion bucolique et originale sur 7000m2. Ouvert 7j/7 du 8 avril au 7 octobre 2018


Le blog de Nicole

Ecoute ce que dit le marronnier





Une rumeur étouffée souffle et s'effiloche sur les fleurs répandues au pied du marronnier centenaire. Elle est faite de bruissements de feuilles, de pépiements d'oiseaux, de vrombissements d'abeilles, auxquels se mêlent de confuses paroles entrelacées dans sa ramure.
Dans la cour de la ferme qui l'a vu naître et fait tournoyer autour de lui un petit peuple de fermiers et de métayers, il est le roi incontesté. Il a été le témoin silencieux du travail opiniâtre de toute une famille venue s'enraciner sous son panache vert. Il a été "l'arbre à palabres", celui qui récolte les mots, les confidences, les réflexions, les rires, les querelles, les baisers et les chansons. Il a même vu sous la lune des danseurs évoluer gracieusement au son de mélodies envoutantes lors de fêtes nocturnes.
Il a protégé sous son ombrage tant de frais bébés, d'enfants rieurs, d'amoureux... Observé tant de mollets alertes et de vielles jambes fatiguées, tant de cannes aussi !
Il est là, paisible et rassurant pour accueillir tout un petit monde en quête de nature qui réjouit, rafraîchit et apaise.
Et il dit le marronnier, que l'homme est bien stupide de s'éloigner de l'arbre au point souvent de ne plus connaître son nom.
Il dit que le béton coulé sur les places publiques, là où trônait l'arbre, tue le lien social, que le goudron répandu dans les parkings et les cours est devenu le tombeau des herbes et des fleurs.
Il dit aussi qu'il ne faut pas perturber la ronde fertile des saisons, qui le décharne l'hiver puis le couvre de bourgeons, de fleurs et de feuilles avant le long effeuillement automnal. Ce cycle l'accompagne depuis plus de 100 ans, de l'arbrisseau qu'il était au patriarche qu'il est devenu.
Pourvu se dit-il que l'homme ne touche pas à cette miraculeuse régénérescence qui d'année en année le grandit et le fortifie. Pourvu qu'il ne joue pas encore, cet irresponsable, à l'apprenti sorcier par cupidité ou par instinct mortifère.
Souvent lui revient à l'esprit le refrain du chanteur moustachu : "Auprès de mon arbre, je vivais heureux..."

J'observe son tronc crevassé de vieillard qui, de la terre ténébreuse s'élance vers la lumière et je me sens humble et fragile face à ce totem immuable.
Il est l'arbre de vie. Il est la vie. Je ne fais que passer... et c'est très bien ainsi !

Nicole Moumen


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