Jardins Secrets, le blog

Une évasion bucolique et originale sur 7000m2. Ouvert 7j/7 du 8 avril au 7 octobre 2018


Le blog de Nicole

Le vert paradis





Céleste porte bien son nom. Elle abrite dans ses yeux clairs un petit morceau de ciel bleu. Haute comme trois pommes (ou plutôt six pommes, parce qu'elle a 6 ans), elle accourt vers moi, munie d'un ridicule petit arrosoir qui ressemble à Babar.
- "Je peux t'aider à donner à boire à tes fleurs ?
- D'accord ! Justement, j'allais en planter qui sentent bon. Tiens ! Sens celle-là. elle s'appelle Alisse.
- Ah ! Comme Alice aux pays des merveilles ?
- Pas tout à fait, parce que ça ne s'écrit pas pareil. La petite fille porte un C comme Céleste et la petite fleur porte deux S.
- Et pourquoi ? Questionne Céleste

- Je ne sais pas. Parce que c'est un secret ! Mais... dis moi ce qu'elle sent ?
- Hum ! Elle sent le bonbon.
- Oui mais quoi encore ?
- Le Nutella ! Eclats de rire....
- Mais non voyons ! Elle sent le miel !
- Ah oui, hum ! Et le petit nez s'écrase avec délice sur les minuscules fleurettes.
- Et cette fleur bleue, tu l'as connais ? Elle s'appelle "Héliotrope". Ça veut dire, qui aime le soleil.
- Attends ! Elle doit avoir soif alors ?"
Aussitôt l'arrosoir Babar entre en action...
- "Allez dis moi ce que tu sens maintenant ?"
Déjà experte, Céleste s'approche et ferme les yeux .
- "Ah ! Ça sent le gâteau !
- Oui très bien, mais quel gâteau ? C'est un gâteau avec des épices...
- J'ai trouvé ! Ça sent le pain d'épices !
- Bravo ! Tiens, et cette menthe, froisse la dans tes doigts ; ça va te plaire, elle sent le chewing gum.
Maintenant je vais te montrer mes lys. Ils vont bientôt fleurir et ils sentiront bon."

En m'approchant, je distingue sur le feuillage des petites tâches rouges, de mauvais augure. Ces bestioles sont des ravageuses qui, à peine frôlées, se laissent tomber dans l'herbe où elles disparaissent. L'une échappe à ma main vengeresse mais les deux autres, effrontément occupées à copuler, font fi du danger et se retrouvent sous mes talons.
La trompe de Babar stoppe net son office. Les prunelles de Céleste virent au noir.
- "Oh ! Pourquoi tu les a tuées ? Tu leur as fait mal !
Je réponds excédée : parce qu'elles mangent mes lys et que c'est dommage !
- Mais... c'est parce qu'elles ont faim !
- C'est vrai mais..."
Et je me tais, un peu penaude, en songeant qu'il nous faudrait beaucoup de Céleste et beaucoup de Babar pour prendre soin du monde.
Peut-être retrouverions nous alors notre vert paradis perdu...




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