Lorsque la vie devient tempétueuse, inquiétante parfois, peut-on rêver meilleur havre, meilleur ami, meilleur remède qu’un jardin ? Bravant toutes les intempéries, il se tait, imperturbable, affairé à germer, grandir, fleurir et nous l’accompagnons, complices de ses éternels miracles. Son mutisme convie à la rêverie, à la méditation, en même temps qu’il nous incite à imaginer, agir, créer.
Cet espace là est le notre et reste encore à l’abri des lois administratives, tatillonnes et frustrantes qui jalonnent notre vie. Cultivons vite notre jardin avant qu’apparaisse une taxe sur nos planches de carottes et de poireaux ou sur nos jolies plates-bandes de fleurs…
Le plaisir procuré par un jardin est aussi dans l’échange ; échange de graines et de conseils, d’expériences et de propos apaisés et sereins.
Pour moi qui ai pouponné mon jardin depuis sa naissance et le connais si bien, je me réjouis chaque printemps de le partager avec nos visiteurs. Ils viennent souvent de loin, chargés de leur histoire. Très vite, ils pénètrent dans celle des Jardins Secrets convoquant leurs yeux, leur nez, leurs oreilles, leurs mains, pour voir, sentir, écouter, toucher… Aucun «doudou» informatique ne peut remplacer ces miracles sensoriels qui les font entrer de plain pied dans la vie émotionnelle, sans truchement d’artifice, simplement à la recherche de leurs souvenirs enfouis.
C’est avec un plaisir chaque année renouvelé qu’Alain et moi ouvrons notre jardin secret et continuons depuis plus de 30 ans à tracer un sillon de bonheur qui va sans cesse s’élargissant…