Sans titre (5)

Petite promenade de la terre au ciel

Un nouvel invité aux Jardins Secrets :

Le papier découpé

L’art du papier découpé trouve son origine en Chine, il y a plus de 2000 ans. Diffusé dans tout l’orient, il franchit les frontières pour arriver jusqu’aux Alpes Vaudoises.

Là, nos voisins Suisses s’en emparent et développent cette technique de découpage pour réaliser de délicats ouvrages en papier, illustrant les traditions montagnardes du charmant Pays d’Enhaut, dans le canton de Vaud. Un musée à Château d’Oex est d’ailleurs consacré à cet art devenu traditionnel, qui perpétue avec gaieté et fraicheur le folklore naïf des évènements liés à la transhumance des troupeaux.

La Poya

Ainsi appelle-t-on la montée du troupeau à l’alpage, en début de printemps, suivi de la désalpe, en automne.

Ce rituel immuable est sublimé à travers des tableaux de papier découpé qui portent le même nom. Subtilement, le jeu agile des ciseaux évoque la lourde progression des bêtes et des charrettes jusqu’au chalet d’alpage, sur les sentiers pentus parsemés d’arbres, ou encore, les scènes festives de la désalpe lorsque les vaches, bichonnées et fleuries, parées de leur énorme cloche, défilent parmi les villageois en liesse.

Il est réjouissant de constater que ces traditions ancestrales perdurent de nos jours et trouvent un écho dans un art populaire encore très vivant qui associe patience, délicatesse, adresse et poésie, avec l’aide d’une simple paire de ciseaux.

Clochers et Minarets

Leur silhouette altière se prête à la découpe. Leur originalité et leur diversité architecturale a fasciné Alain qui s’est mis en quête de dénicher à travers les livres d’art quelques perles emblématiques de l’expression religieuse. Ainsi a-t-il constitué cette petite, mais unique et insolite, collection.

Initialement, clochers et minarets étaient de simples tours, tels des phares qui permettaient de se repérer, de se rassurer, de se tenir informés d’un danger, de se protéger.

Au fil du temps , ils ont été parés de détails architecturaux destinés à les alléger et à les embellir. Tous deux pointés vers le ciel, ils expriment la spiritualité et appellent les fidèles à la prière l’un par le concert des cloches, l’autre par la voix du muezzin.

Chrétiens et musulmans en ont fait un symbole, rassemblant trouvailles et prouesses stylistiques au service de leur foi, pour être au plus près du divin.

Ces merveilles architecturales oubliées ou méconnues, certes réduites ici à l’état de tableaux réalisés en papier découpé, nous parlent néanmoins d’œcuménisme et pourquoi pas de fraternité ?

Les Jardins Secrets ne seraient-ils pas aussi, un lieu propice à tous les échanges ?

2 réflexions sur “Petite promenade de la terre au ciel”

  1. Bonjour
    Très joli article empreint de culture et de liens entre civilisations et de fraternité qui nous permet de découvrir ou redécouvrir cet art si particulier que certains pays ont su amener au stade d’art tout court. Avec de simples ciseaux provoquer autant d’émerveillement n’est-ce pas le début d’un peu plus d’humanité dans un monde devenu si chaotique.
    Je visite chaque année, à des moments différents, les Jardins Secrets et suis toujours heureuse d’y découvrir de nouveaux espaces, des nouveautés .
    Merci aux « inspirants ».
    Mireille

  2. Votre lieu si attirant, en photos déjà, ne peut qu’appeller poésie et recueillement.
    Chaque année j’espère pouvoir m’y rendre… la saison commence et c’est un plaisir que de vous lire à nouveau.
    Merci pour cette beauté que vous nous offrez et qui prend tout son sens par ces temps présents.
    Belle saison et à bientôt. 🥰

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