Sans titre (4)

Rien ne sert de courir…

Il paraît bien lointain le temps où Easy-Jet et les autres mettaient la planète à portée de main. Il a suffi d’un imperceptible « rien » pour clouer les avions au sol, fermer les frontières et nous empêcher de convoler avec un monde devenu de plus en plus accessible et familier. Nous explorions et consommions notre Terre avec avidité. Une gifle magistrale nous a tous ébranlés et nous a fait prendre conscience de l’extrême fragilité de notre vie et de notre vanité à soumettre le monde à nos besoins, souvent superflus, sans souci du saccage que nous provoquons.

Ce qui nous arrive est pathétique.

Alors que nous suffoquions d’angoisse sous nos masques et que nous vivions le cauchemar du confinement, le printemps s’en donnait à cœur joie et nous narguait de son insolente beauté. Alors que nous marchions comme des ombres dans les rues désertées, l’herbe poussait drue dans les prairies, les oiseaux insouciants s’égosillaient dans les arbres et chantaient la vie.

« Personne n’est plus fort qu’un brin d’herbe » affirme  Christian Bobin, l’écrivain contemplatif, qui n’a pas attendu la crise du Covid-19 pour penser « qu’une catastrophe économique serait peut-être une grâce, une chance » pour nous aider à sortir de notre ivresse et de notre boulimie.

Saurons nous à présent retrouver la simplicité, la frugalité, la tempérance pour reformuler notre avenir ?

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